Jésus dit...
"Fais Savoir à Mes Ministres..."

par l'Abbé Nicholas Gruner


Il va sans dire que nous ne pourrions pas faire ce travail sans l'aide de beaucoup de bonnes personnes, qui travaillent dans nos bureaux ou qui nous apportent leur appui où qu'elles se trouvent chez nous et dans le monde entier.

Parmi ces personnes qui nous appuient, je peux mentionner plus de 400 Évêques, qui nous écrivent qu'ils appuient notre position et qui se disent prêts à effectuer la consécration de la Russie selon les exigences très précises de Notre-Dame de Fatima, dès que le Saint-Père en donnera le signal.

C'est important, pour nous, de comprendre que nous sommes dans le camp de la victoire. Évidemment, il s'agit avant tout du camp où se trouve Notre-Dame de Fatima, Qui a promis "A la fin Mon Coeur Immaculé triomphera". Pensons-y souvent pour éviter de nous décourager.

Mais notre confiance ne doit pas nous aveugler ou nous amener à nous cacher la tête dans le sable comme l'autruche. Malheureusement, beaucoup d'efforts sont aujourd'hui déployés pour nous tromper, en public comme en privé, et ces efforts sont inspirés par le père du mensonge, le diable mentionné par Notre-Seigneur.

Un autre point important à saisir, c'est qu'il nous faut répandre la vérité, car sans la vérité nous ne pouvons pas remporter la victoire. Si nous ne comprenons pas contre qui nous nous battons, nous ne saurons pas quoi faire contre le mal, ni comment aider Notre-Dame.

Comme l'a fait remarquer Saint Maximilien Kolbe, les derniers temps, dans lesquels nous vivons, seront de plus en plus dominés par satan, et Dieu a réservé à la Sainte Vierge la mission et le pouvoir d'écraser la tête du serpent.

Par contre, comme le souligne également Saint Maximilien, Notre-Dame veut que nous L'aidions et Elle nous attend pour remporter la victoire. Elle pourrait faire tout le travail toute seule, mais Elle choisit d'avoir de nombreux ouvriers, qui sont donc tous nécessaires.

N'oublions pas que, pour L'aider, nous devons d'abord être bien renseignés

La Sainte Vierge a besoin de notre aide. Afin de pouvoir L'aider, nous devons être bien renseignés, et c'est aussi pour cela qu'Elle est venue à Fatima. Elle est venue  pour demander nos prières, et Elle nous demande de réciter le chapelet chaque jour.

Notre-Dame a beaucoup insisté sur le Rosaire, comme Elle a certainement insisté beaucoup pour que nous portions le Scapulaire et que nous nous consacrions à Son Coeur Immaculé.

Vous savez, il y a des gens qui divisent le message de Fatima en deux parties: la partie qui concerne la dévotion, et l'autre partie qui concerne ce qu'ils appellent "la politique".

Mais Notre Dame est une seule et Son message est un seul.Tous les aspects de Son message intégral sont reliés au salut de nos âmes et à la plus grande gloire de Dieu. Il y a réellement unité entre les aspects pieux du message et les aspects que les faux dévots à Notre-Dame de Fatima qualifient de "politiques".

Tous ces aspects sont liés entre eux parce que Dieu, Qui est le Créateur de nos âmes, est aussi le Créateur de la société humaine et de notre place dans cette société. Dieu s'intéresse beaucoup à la politique et à l'économie, et Notre-Dame s'y intéresse aussi, bien qu'il y ait des choses plus importantes. Notre salut, notre salut éternel est certainement plus important.

Mais, de toute évidence, ce serait beaucoup plus facile de sauver nos âmes si les conditions politiques, économiques et militaires permettaient aux Catholiques de vivre en paix avec Dieu et avec leurs voisins.

Par exemple, dans le cas des Croates que l'on mutile, torture et assassine délibérément aujourd'hui dans des camps de prisonniers à cause de leur fidélité envers le Christ, ce serait plus facile, pour eux, de sauver leurs âmes si leurs ennemis ne les soumettaient pas à des à de si duresépreuves . La fidélité de certains d'entre eux (et d'entre nous) risque de succomber devant une telle persécution.

De façon semblable, ce serait plus facile pour les gens, partout dans le monde, de sauver leur âme sous un régime qui reconnaît publiquement la royauté du Christ, plutôt que sous un régime qui fait respecter des lois tout à fait illégitimes, des lois qui permettent de tuer les bébés dans le sein de leur mère au rythme qui jusqu'ici est de 25 millions dans les Etats-Unis jusqu'ici et de 50 millions dans le monde entier chaque année.

Le monde est dans un état d'apostasie mais, pour être plus exact, l'apostasie a envahi l'Église. Et c'est là le sujet du Troisième Secret de Fatima. Il m'est difficile, dans un bref exposé, de vous expliquer, en énumérant toutes nos raisons, pourquoi nous affirmons que le Troisième Secret parle de l'apostasie au sein de l'Église, mais je vais essayer de mentionner quelques faits que vous pourrez vérifier vous-mêmes.

Un de ces faits est évidemment la parole que le Pape Jean Paul II lui-même a prononcée à Fatima: "La Mère Qui désire le salut de chacun de toute la force de l'amour qu'Elle nourrit en l'Esprit Saint, peut-Elle garder le silence lors qu'Elle voit  l'ardeur de la crise qui sape le fondement même du salut de Ses enfants?" Et le Pape Jean Paul II répond à sa propre question: "Non, Elle ne le peut pas!"

Or, Saint Athanase nous dit que le fondement même de notre salut est notre Foi Catholique. Plus exactement, le Credo Catholique attribué à Saint Athanase affirme ceci: "Quiconque souhaite être sauvé doit rester attaché à la Foi Catholique, pleine et entière." Et le Premier Concile du Vatican confirme qu'il n'y a pas d'excuse, il n'y a rien qui puisse justifier l'abandon de la Foi par un Catholique.

La Foi est l'assurance de notre victoire sur le monde, selon la parole de Saint Jean dans la Sainte Écriture. Quand le Pape nous dit que la Mère Qui nous aime tant voit saper le fondement même de notre salut et qu'Elle ne peut se taire, il veut dire qu'Elle s'inquiète du danger qui menace actuellement notre foi.

Notre Foi est en danger

C'est là le sujet du Troisième Secret. Nous le savons non seulement par la parole peu explicite du Pape que je viens de citer, mais aussi par la fameuse interview que le Cardinal Ratzinger a accordée à Vittorio Messori et qui a été publiée dans le magazine italien Jesus. Pas un mot de l'entrevue n'a été publié sans l'approbation du Cardinal Ratzinger. Dans cette entrevue, Messori demande au Cardinal: "Avez-vous lu le Troisième Secret?" - "Oui." - "De quoi parle-t-il?" - "Le Troisième Secret parle des dangers pour notre foi, et par conséquent des dangers pour la vie du Chrétien et donc pour la vie du monde." Le Cardinal Ratzinger est une des rares personnes à avoir lu le Troisième Secret et il nous dit que ce secret parle des dangers pour notre Foi.

Or, si vous lisez l'Écriture Sainte et les prophéties concernant la venue de l'antichrist, vous verrez, par exemple dans l'épître de Saint Paul aux Thessaloniciens, que l'antichrist ne viendra pas avant la grande apostasie, c'est-à-dire avant que le grand nombre n'abandonne la foi comme croyance et comme règle de leurs actions. Notre-Dame, dans le Troisième Secret, parle de cette apostasie. S'il ne s'agit pas de la grande apostasie, il s'agit d'une apostasie qui lui ressemble, et Notre-Dame de Fatima est venue nous en avertir, exprès pour notre époque.

Le Troisième Secret concerne l'époque même où nous vivons. Il ne concerne pas une période d'avant 1960, et il ne concerne pas non plus une période qui suivra le triomphe de Notre-Dame, lorsque le Pape consacrera la Russie.

Cela est confirmé par les paroles de Soeur Lucie qui nous ont été citées, entre autres, par le Cardinal Ottaviani. Je vous donne des précisions et des sources que je vous recommande de lire plus au long en consultant le livre du Frère Michel, Le Troisième Secret. Dans ce livre, le Frère Michel explique les faits et indique sa documentation et ses sources, ainsi que ses raisons.

Le livre mentionné révèle la nature du Troisième Secret. Quiconque a lu le livre est assurément convaincu de connaître le Troisième Secret. Sans connaître les mots exacts qui y sont employés, il connaît l'essentiel du Troisième Secret. Ce secret parle des dangers qui menacent notre foi, comme le Frère Michel le fait remarquer maintes et maintes fois. Pire encore, comme le Père Alonso l'a signalé, le secret explique par la culpabilité de la haute Hiérarchie, c'est-à-dire des Évêques et des Cardinaux - non pas tous mais certains d'entre eux -, l'apostasie qui sévit aujourd'hui dans l'Église.

Notre Baptême nous presse de nous renseigner

C'est pourquoi il est si important de se renseigner. Parce que, voyez-vous, nous avons des obligations à l'égard de la Foi, du fait que nous sommes baptisés et, plus encore, du fait de notre Confirmation. Notre Foi est le fondement de notre salut, et chacun de nous a le devoir de défendre sa Foi dans la mesure de ses capacités, des occasions offertes et de ses moyens.

Saint Thomas d'Aquin affirme que notre obligation de défendre la foi est si grave que nous avons le devoir de reprendre en public un Évêque, un Cardinal et même le Pape, s'il le faut. Est-ce là commettre un acte de rébellion ou un manque de respect? Au contraire, c'est obéir aux règles qui nous viennent de l'Écriture Sainte, dans laquelle on voit que Saint Paul a fait des reproches à Saint Pierre sans user d'aucun détour.

Il ne s'agissait pas d'une question quelconque, mais d'une question qui touchait à l'essence même de la Foi. Saint Pierre n'avait rien dit d'hérétique, mais il avait agi comme si une hérésie était vraie et il avait ainsi créé une impression erronée. Il n'y a pas de doute que Saint Pierre avait agi de bonne foi, mais il avait quand même eu tort d'agir ainsi. Aussi, Saint Paul avait le devoir de reprendre Saint Pierre et de le faire publiquement.

Je vais expliquer un peu la situation afin que nous puissions tirer les leçons dont Saint Paul nous parle dans l'Écriture Sainte. La première fois que j'ai lu et que j'ai étudié le passage, je l'ai trouvé scandaleux, aussi je comprends bien que certains d'entre vous se scandalisent  de cet exemple donné par Saint Paul envers Saint Pierre.

Pourtant, c'est bien ce que l'Écriture nous enseigne. Comme le fait remarquer Saint Paul, toute l'Écriture Sainte est inspirée pour notre apprentissage, notre instruction et notre consolation. Dieu a permis que Saint Pierre fasse l'erreur en question. Comme je l'ai dit, Saint Pierre a agi  de bonne foi, parce qu'il désirait la paix dans l'Église, mais c'était quand même une erreur d'avoir agi ainsi.

Quelle était la situation? Saint Pierre est allé de Jérusalem à Antioche, et dans cette ville, il n'a pas fait de reproches au parti des judaïsants, c'est-à-dire aux Chrétiens qui prétendaient que, pour être sauvé il fallait non seulement être baptisé, mais aussi être circoncis.

Or, le Premier Concile de Jérusalem avait déjà défini que la circoncision n'était pas nécessaire au salut. Saint Thomas d'Aquin prouve, dans sa Somme Thélogique, qu'insister sur la circoncision constitue un acte d'hérésie, c'est renier la Foi, puisque la circoncision est un Sacrement de l'Ancien Testament par lequel on portait témoignage à la venue future du Christ.

Une fois le Christ venu, la circoncision n'était plus nécessaire, et le fait d'insister sur elle niait automatiquement que Jésus soit le Christ. Saint Paul a instinctivement compris le danger. Saint Pierre n'a pas dit aux judaïsants qu'ils avaient raison, il s'est contenté de ne pas manger avec les Chrétiens qui n'étaient pas circoncis. En ne mangeant pas avec les incirconcis, il a donné l'impression qu'il refusait de manger avec eux parce qu'ils étaient impurs, comme l'affirmait la loi de Moïse.

A cause de la conduite de Saint Pierre, les judaïsants pouvaient dire aux autres Chrétiens: "Vous voyez, vous avez tort, c'est nous qui avons raison." Ou encore: "Le Pape est d'accord avec nous, il pense que vous êtes impurs parce que vous n'êtes pas circoncis, c'est pour ça qu'il ne veut pas manger avec vous."

Pierre lui-même n'a rien dit de semblable, mais par son comportement il donnait aux hérétiques un motif de croire qu'ils avaient raison et il les aidait à répandre leur doctrine. C'est pourquoi Saint Paul, comprenant que la Foi était en danger et qu'il fallait la défendre, même contre le prestige du Pape, a parlé franchement en public pour lui faire des reproches. Saint Paul a dit "qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile" et il a blâmé Saint Pierre pour ne pas marcher droit selon la vérité.

Il importe de bien comprendre que Saint Paul n'a pas parlé franchement pour la seule raison qu'il était du nombre des apôtres, mais que la même obligation incombe à chaque laïc baptisé, homme ou femme.

Même les laïcs doivent défendre Notre Sainte Foi

Voici un autre exemple du même principe, tiré de l'histoire de l'Église. En l'an 429 de l'ère Chrétienne, Nestorius, le Patriarche d'Éphèse, a prononcé dans une Cathédrale bondée un sermon où il disait que la Sainte Vierge Marie n'est pas la Mère de Dieu.

N'oubliez pas, c'était avant que l'Église n'ait défini le dogme de la Maternité Divine. Pourtant, ce ne sont pas les Évêques qui étaient dans la Cathédrale, ni les prêtres présents, c'est un simple laïc, qui s'est levé dans la Cathédrale et qui a dit à Nestorius, à l'assistance et à tout le clergé présent, que c'était une hérésie.

Deux ans après, en l'an 431 de l'ère Chrétienne, il a été prouvé que ce laïc avait raison. Le geste qu'il avait fait pour défendre la Foi avait entraîné la tenue du Concile d'Éphèse. C'est ainsi que, le 11 octobre 431, il y a mille cinq cent soixante ans, Notre-Dame a été proclamée vraiment Mère de Dieu par une définition solennelle du Concile d'Éphèse.

Aussi, Saint Robert Bellarmin, qui est non seulement un Saint mais aussi un Docteur de l'Église, nous dit que, si la Foi est mise en péril par un Évêque, un Cardinal ou même le Pape - Saint Robert mentionne expressément "le Pape" -, la personne qui met la Foi en péril doit faire l'objet de reproches publics, qui qu'elle soit.

Vous savez, il y a des milliers de Saints canonisés dans l'Église Catholique, mais il n'y a environ que trente-deux Docteurs de l'Église. Un Docteur est d'abord un Saint, mais en plus c'est un savant parmi les Saints. C'est un savant dont la doctrine a été examinée avec une attention redoublée, et l'Église a déclaré que sa doctrine est exemplaire et des plus instructive, même en comparaison des autres Saints.

Saint Robert Bellarmin est l'un de ces savants, l'un de ces Saints, et la spécialité qui lui a valu d'être déclaré Docteur est d'avoir défendu la papauté et la constitution divine de l'Église.

Ce que dit Saint Robert est tout à fait le contraire de ce qu'on vous enseigne aujourd'hui, si vous allez à des réunions de renouveau. A ces réunions, on vous dit que, si quelqu'un profère une hérésie, vous ne devez pas dire franchement ce que vous en pensez, vous ne devez pas lui en faire des reproches, mais vous devez conserver un beau sourire amical et ainsi de suite.

Sans aucun doute, bon nombre de ces gens disent des hérésies en croyant bien faire. Nous ne devons ni les considérer comme des ennemis, ni croire qu'ils sont méchants, ce qui n'empêche pas qu'il faut faire respecter la vérité et défendre la foi, particulièrement de nos jours, avec le Troisième Secret de Fatima qui nous avertit du danger où nous sommes parce que la Foi est sapée de l'intérieur.

Il faut que le Troisième Secret soit révélé

C'est pour nous avertir des dangers pour la Foi que Notre-Dame voulait - et qu'Elle veut encore - que le Troisième Secret soit révélé aux fidèles. Contrairement au mensonge que vous avez pu entendre à bien d'autres endroits, le Troisième Secret n'est pas destiné au Pape seul. Il est certainement destiné au Saint-Père, mais non à lui seulement. Il est destiné aussi à tous les fidèles.

Beaucoup d'entre vous, j'en suis sûr, se rappellent l'impatience avec laquelle on attendait que le Troisième Secret soit dévoilé en 1960. L'espoir de ce dévoilement n'était pas dépourvu de fondement, puisque l'Évêque de Fatima avait solennellement promis à Soeur Lucie qu'il révélerait le Secret au plus tard en 1960, et même avant si Soeur Lucie mourait.

De plus, le cardinal patriarche de Lisbonne s'était engagé publiquement, il a promis publiquement qu'il ferait lui-même en sorte que le Troisième Secret soit dévoilé aux fidèles si Monseigneur da Silva, le premier Évêque de Fatima, décédait avant 1960. Ce sont là des faits connus du grand public, des faits historiques reconnus.

Soit dit en passant, le Frère Michel prouve ces faits en citant des documents dans son volume III, pages 309 à 319. Puisque la plupart de nos affirmations sont mises en doute par nos adversaires, il importe que vous connaissiez les sources. Nous avons également mentionné certaines de ces sources dans le Fatima Crusader no. 33, pgs 18, 19 et 39. J'insiste sur l'importance du Troisième Secret en raison de l'obligation capitale de défendre notre Foi.

Chacun de nous a l'obligation formelle de défendre la Foi, dans la mesure des grâces qu'il a reçues de Dieu, de ses capacités et des occasions favorables. Cette obligation ne découle pas seulement du message de Fatima, c'est une obligation qui vous incombe du fait que vous êtes soldats du Christ depuis votre Confirmation et enfants de Dieu depuis votre Baptême.

Tout le monde ne comprend pas la Foi au même degré. Et chacun n'a pas les même capacités, chacun ne reçoit pas les mêmes occasions de se faire enseigner la Foi, mais il y a certaines vérités de Foi que nous connaissons tous.

Saint Thomas d'Aquin nous enseigne qu'il faut croire explicitement les articles du Symbole des Apôtres. Si quelqu'un nie l'un de ces articles, même s'il est docteur en Théologie, ou si quelqu'un nie un article de la Foi Catholique qui est énoncé dans le Symbole des Apôtres ou le Symbole de Nicée, il faut le lui reprocher, et il ne faut pas le suivre s'il persiste dans son erreur.

Saint Jean, l'apôtre de l'amour, a dénoncé Marcion comme un fils du diable tout à fait publiquement dans les rues de Rome. Aimer Dieu et aimer son prochain, cela ne signifie pas manquer de personnalité, cela signifie aimer Dieu de tout son coeur et aimer son prochain selon la volonté de Dieu.

Si nous aimons le bien, alors forcément nous haïssons le mal par le fait même. Comme il est dit de Notre-Seigneur dans le psaume 44, "Tu aimes la justice, tu hais l'iniquité. C'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a donné l'onction d'une huile d'allégresse comme à nul de tes frères".

Aussi est-ce une marque du Chrétien que de haïr le mal. Nous devons aimer le pécheur, mais nous devons haïr le péché.

Pourquoi faut-il lutter contre toute hérésie ou erreur sur La Foi?

L'hérésie est un mal pire que le meurtre. Pour les gens d'aujourd'hui, cela peut sembler étrange ou exagéré, mais c'est la pure et exacte vérité. Car le meurtre ne fait que tuer le corps, ce qui est un grand mal dont je ne veux pas minimiser l'importance. Mais tuer le corps n'est pas aussi grave que de tuer l'âme, de la condamner à l'enfer pour toute l'éternité. Et c'est précisément ce que fait l'hérésie.

Voyez-vous, dès qu'une personne tombe dans l'hérésie, elle a déjà commis un péché mortel, si elle y est tombée consciemment. Et si elle n'est pas tombée dans l'hérésie de propos délibéré, elle commet un péché mortel lorsque quelqu'un la reprend et qu'elle refuse de corriger son erreur sur la Foi.

Lorsqu'une personne a perdu la Foi, on peut dire qu'elle n'a guère de moyens de s'en sortir, parce qu'elle ne peut plus prier pour elle-même, car il faut avoir la foi pour prier. Les autres pécheurs, qui sont en état de péché mortel mais qui ne sont pas dans le péché d'hérésie, peuvent au moins prier pour eux-mêmes.

C'est pourquoi Notre-Dame dit que beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne pour prier pour elles et faire des sacrifices pour elles. Elles n'ont personne qui puisse prier pour elles, et elles-mêmes ne peuvent pas prier. Aussi, le Pape Pie XII a fait remarquer que le nombre des âmes qui sont sauvées dépend de l'excellence de la façon dont les Catholiques coopèrent à l'action de la Grâce divine.

Aussi Notre Dame de Fatima nous supplie-t-Elle de prier et de faire des sacrifices pour les pécheurs. Beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne pour prier et faire des sacrifices pour elles. Et parce que Notre-Dame nous voit menacés d'un danger mortel, ce danger pour notre Foi: Elle est venue nous avertir.

Nous sommes maintenant en danger mortel!

J'avais commencé à vous dire que ce danger a surtout débuté en 1960. Comment avons-nous su l'année précise? Eh bien! on a posé à Soeur Lucie la question : "Pourquoi faut-il attendre le dévoilement du Secret jusqu'en 1960?" C'est l'une des questions posées à Soeur Lucie en 1946, devant l'Évêque da Silva, par l'auteur d'un des livres sur Fatima, le Chanoine Barthas. Et Soeur Lucie a fait une réponse intéressante, "en 1960, le message apparaîtra plus clair".

Encore en 1955, le Cardinal Ottaviani a posé la même question à Soeur Lucie. La réponse a été des plus intéressante: "Parce que alors il apparaîtra plus clair." Le Cardinal a par la suite lu le Secret et il a compris qu'il s'agit d'une prophétie. Mais comment une prophétie devient-elle plus claire, sinon parce qu'elle commence à se réaliser? Par conséquent, le Troisième Secret est une prophétie qui a commencé à se réaliser en 1960.

Nous connaissons aussi l'autre limite de la période visée par le Secret, nous savons que la prophétie du Secret sera terminée lorsque seront réalisées les paroles de Notre-Dame que voici: "A la fin Mon Coeur Immaculé triomphera. Le Saint-Père Me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera donné au monde un temps de paix."

Or, ces paroles ne sont pas encore réalisées. Nous sommes entre 1960 et le temps du triomphe de Notre-Dame. C'est donc bien important pour nous, AUJOURD'HUI, qui sommes avertis que notre foi est en train d'être sapée.

Le Père Alonso réduit au silence

Le Père Alonso, qui a été archiviste officiel de Fatima durant les 16 dernières années de sa vie, a eu de nombreuses occasions de parler avec Soeur Lucie. Avant sa mort, il a réussi à faire publier quelques-uns de ses écrits, mais, pour la plupart de ses écrits, c'est-à-dire 14 volumes, la publication n'a pas encore été autorisée. Pourtant, des hérétiques comme l'abbé Mathew Fox peuvent écrire et publier des hérésies sans que personne ne les en empêche.

Depuis déjà 10 ans, les 14 volumes du Père Alonso sont tenus cachés, les autorités de l'Église n'autorisent pas leur publication. Même chose pour Soeur Lucie, depuis 34 ans elle est réduite au silence, comme nous l'avons démontré maintes et maintes fois.

Le Père Alonso, avant de mourir, a publié dans une revue théologique un court article où il déclarait publiquement que le Troisième Secret parle des dangers pour notre Foi, (ce que le Cardinal Ratzinger a catégoriquement confirmé). Le Père Alonso, lui, est allé plus loin, il a déclaré que le Troisième Secret parle de la culpabilité de la haute Hiérarchie en ce qui concerne l'apostasie qui sévit aujourd'hui dans l'Église.

Or, dans le passé on a fait appel à Soeur Lucie pour qu'elle réfute des affirmations fausses concernant le Troisième Secret, et elle les a réfutées. Pourtant, jusqu'ici Soeur Lucie n'a jamais nié, attaqué ou essayé de corriger d'aucune manière ce que le Père Alonso a déclaré au sujet du Troisième Secret.

En réalité, si nous lisons ce que Soeur Lucie a écrit dans ses lettres pendant les années 1970 (le frère Michel en cite plusieurs dans son livre), nous voyons que les déclarations du Père Alonso ne reposent pas seulement sur du vent. Dans ces lettres, Soeur Lucie parle de la confusion diabolique qui infecte même des gens ayant des responsabilités élevées dans l'Église. Et elle n'en a pas parlé une seule fois, mais à plusieurs reprises.

Saint Jean Gualbert s'adresse au public

Saint Jean Gualbert, dont la fête est le 12 juillet, a dit au Pape de son temps que l'Archevêque de Florence avait obtenu sa charge par simonie, c'est-à-dire en l'achetant. Le Pape l'a écouté, comme l'a écouté un autre saint de l'époque, Saint Pierre Damien, mais ils n'ont pas été convaincus.

Alors, Saint Jean Gualbert est retourné à Vallombreuse (que j'ai visitée alors que j'étudiais en Italie) et là, il a reçu de Dieu une inspiration spéciale de faire un miracle pour prouver la vérité de ses paroles. Ce fut un miracle très spectaculaire, un miracle d'un genre qu'il ne faut absolument pas promettre à moins d'être sûr que Dieu vous l'inspire...

Saint Jean Gualbert fit dresser un grand bûcher. Il appela tous les habitants de la ville à venir voir le témoignage que Dieu allait lui rendre pour montrer qui avait raison, entre lui et l'Archevêque de Florence. Il prenait Dieu à témoin, puisque les hommes ne se souciaient pas de ses paroles.

Saint Jean Gualbert promit une preuve publique, que chacun pourrait voir, montrant que l'Archevêque de Florence n'était pas digne de la charge élevée qu'il détenait. Il demandait à Dieu Lui-même de trancher entre lui et le mauvais Archevêque. Il demanda à Dieu de faire le miracle de préserver l'un de ses moines d'une mort par ailleurs certaine, afin de montrer qu'il avait raison.

Une fois le bûcher préparé, devant tous les habitants de la ville rassemblés, Saint Jean Gualbert ordonna au Frère Saint Ignace, en vertu de la sainte obéissance, de traverser le bûcher en feu en marchant.

Dieu fit le miracle de permettre au Frère de traverser en marchant un immense feu de bois. Le Frère en serait mort, c'est certain, si Dieu ne l'avait pas protégé. Il est sorti de l'autre côté du bûcher, sain et sauf, sans aucune brûlure, et les gens ont compris l'obligation qui leur incombait à cause du témoignage que Dieu avait rendu sous leurs yeux. Ils savaient maintenant, sans l'ombre d'un doute, que l'Archevêque était un mauvais homme qui avait acheté sa charge d'Évêque. Ils comprenaient désormais leur obligation de chasser cet Archevêque de la ville, et c'est ce qu'ils firent le jour même.

Alors, si des gens vous disent que le Troisième Secret n'est pas important, ou qu'il n'a pas été donné pour que vous le connaissiez, ou qu'il n'y a rien à faire pour améliorer les choses, rappelez-vous que les gens de Florence, au temps de Saint Jean Gualbert, ont été appelés à sauver l'Église et le diocèse de Florence d'un mauvais pasteur.

Le danger qui menace l'Église aujourd'hui est beaucoup plus pressant et beaucoup plus grave que celui où se trouvait le diocèse de Florence il y a environ mille ans. C'est pourquoi il importe, encore aujourd'hui, de commencer par comprendre que le danger est là. Nous ne ferons rien si nous n'avons pas conscience du danger et, deuxièmement, nous ne ferons rien si nous croyons qu'il n'y a rien à faire. De toute évidence, si Notre-Dame avait pensé que nous ne pouvions rien y faire, Elle n'aurait pas essayé de nous avertir que notre Foi est en danger et que le danger vient de l'intérieur de l'Église Catholique.

Le Troisième Secret blâme la Hiérarchie

Si vous voulez savoir pourquoi le Troisième Secret n'est pas dévoilé, pourquoi Soeur Lucie est réduite au silence depuis 34 ans, pourquoi la publication des 14 volumes du Père Alonso est interdite, c'est parce que le Secret désapprouve l'orientation actuelle de nombreux membres de la hérarchie et que vous ne suivriez pas cette orientation si vous saviez que Notre-Dame de Fatima cherche à vous en détourner. Aussi est-il urgent, avant tout, que nous nous tournions vers Notre-Dame et Notre-Seigneur dans la prière et le sacrifice.

Quand Saint Pierre était en prison, comme vous pouvez le lire dans les Actes des Apôtres, l'Église entière priait pour lui jour et nuit, si bien que Dieu a envoyé un ange qui l'a délivré de ses fers. Il avait des menottes aux poignets et d'autres entraves aux chevilles, et autour de lui deux ou quatre gardiens surveillaient vingtquatre heures par jour. C'était une situation sans issue sur le plan humain, et pourtant Dieu a effectivement délivré Saint Pierre.

Priez pour le Saint-Père

Le Saint-Père et l'Église sont dans une certaine mesure enchaînés comme Saint Pierre l'était du temps d'Hérode, dans les premiers jours de l'Église. Et ce que Notre-Dame nous demande de faire à cet égard, c'est de prier et de faire des sacrifices pour le Saint-Père.

Lisez par exemple le livre du Frère Michel, Le Troisième Secret. L'auteur y souligne les grands sacrifices des trois enfants. Prenez Jacinthe, âgée de sept ans seulement, lorsqu'elle a été enlevée le 13 août avec sa cousine et son frère, mise en prison avec des criminels de droit commun et menacée de mort. Elle s'est mise à pleurer. Elle ne pleurait pas parce qu'elle allait mourir, mais parce qu'elle ne verrait jamais plus sa mère.

Afin de la consoler, Lucie essaya de la distraire avec quelque chose qui, elle le savait, intéresserait beaucoup Jacinthe. Elle dit : "Nous pourrions offrir cela comme sacrifice; nous pourrions l'offrir en sacrifice pour les pécheurs; ou l'offrir en réparation au Coeur Immaculá de Notre-Dame; ou l'offrir pour le Saint-Pére."

Fait intéressant à noter, il a été demandé à Jacinthe pour quelle intention elle offrirait ses souffrances, et elle a répondu : "Je vais les offrir pour toutes les intentions".

Jacinthe a eu deux visions du Saint-Père. Elle a été la seule à voir ces visions.

L'une était la suivante: "(...) tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens qui pleurent de faim et n'ont rien à manger. Et le Saint-Père dans une église, priant devant le Coeur Immaculé de Marie. Et tant de monde qui prie avec lui." (Voir Toute la Vérité sur Fatima, du Frère Michel, pg 480 du volume III.)

Une autre fois, Jacinthe dit: "J'ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et certains lui jetaient des pierres, d'autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père! Nous devons beaucoup prier pour lui." (Voir le volume III du Frère Michel, pg 479.)

Ces visions du Saint-Père ont produit sur Jacinthe une impression durable. A plusieurs reprises, Jacinthe a insisté sur la nécessité de prier pour le Saint-Père et elle a très souvent promis de le faire elle-même. Elle offrait beaucoup de prières, de souffrances et de sacrifices pour le Saint-Père. (Voir Le Troisième Secret, par le Frère Michel, pgs 480 à 482.)

Dans le message de Fatima, le Saint-Père est mis en vedette du début à la fin, peut-on dire, particulièrement dans le Deuxième Secret et sans doute dans le troisième. Au bout du compte, tout dépend du Saint-Père. C'est une responsabilité énorme. Une telle responsabilité dépasse les capacités de n'importe quel homme, quel que soit son nom, qu'il s'agisse du Pape Pie XI ou du Pape Pie XII, du Pape Paul VI ou du Pape Jean-Paul II. Malgré tout, Dieu attend du Pape qu'il s'acquitte de cette responsabilité énorme.

La Consécration ressemble à la traversée miraculeuse de la Mer Rouge

Pensez au grand dirigeant du peuple de Dieu, dans l'Ancien Testament. Pensez à Moïse qui a persuadé le Pharaon de laisser le peuple s'en aller pour adorer Dieu librement, et voici que le Pharaon se ravise et envoie ses troupes à la poursuite du peuple. Les Hébreux sont là dans le désert et ils n'ont pas d'endroit où se réfugier. Devant eux s'étend la mer Rouge, et derrière il y a l'armée égyptienne qui fonce sur eux, prête à les massacrer. Ils n'ont ni endroit où aller, ni armures ni armes.

Dieu n'avait pas oublié que la mer Rouge était là et Il savait parfaitement que le Pharaon changerait d'idée et partirait à la poursuite du peuple. Il a amené les Hébreux à ce point culminant, disons, de leur histoire, afin d'en tirer un plus grand bien. Il voulait non seulement affirmer de nouveau l'autorité de Moïse, mais aussi nous donner un symbole du baptême et de nombreuses autres choses.

Dieu a demandé un acte d'obéissance et de foi de la part de Moïse. Cet acte d'obéissance ne paraissait pas bien sage selon la prudence humaine. (Après tout, si Dieu n'avait pas dit quoi faire, il aurait peut-être été plus prudent, pour les Hébreux, de fuir, de se cacher ou de se disperser.) Mais Dieu leur a demandé que leur survie dépende de la délivrance qu'Il leur donnerait par l'intermédiaire de Moïse.

Donc Moïse s'est vu demander cet acte de foi et d'obéissance. Il a fait ce que Dieu disait, il a étendu le bras sur la mer Rouge qui s'est alors ouverte pour leur délivrance. Il s'agit d'un fait historique, qui est vraiment arrivé, mais qui symbolise aussi la situation où nous sommes de nos jours.

Nous, le peuple de Dieu du Nouveau Testament, que nous nous en apercevions ou non, nous sommes entourés par l'ennemi et destinés à subir le massacre. Et nous serons délivrés par un acte de Dieu encore plus grand que la traversée de la mer Rouge, lorsque le Saint-Père obéira finalement au commandement donné par Dieu, de Lui consacrer la Russie.

Comme Soeur Lucie l'a expliqué:"Un grand nombre de fois, Notre-Dame m'a dit, comme Elle l'a dit à Jacinthe et à François, que la Russie est le fléau choisi par le Ciel pour punir le monde entier si nous n'obtenons pas auparavant la conversion de cette pauvre nation".

Pour ceux qui s'étonneraient à l'idée que Dieu utilise un fléau contre son peuple, je mentionne une prophétie de Jérémie. Celui-ci prédisait que les habitants de la cité sainte de Jérusalem seraient emmenés en captivité, après que les Babyloniens, qui étaient païens et mauvais, se seraient emparés de la ville.

Pour quiconque vivait à Jérusalem à cette époque-là, et qui connaissait les promesses faites à David et à sa descendance, la prédiction du prophète Jérémie paraissait une hérésie, elle semblait inconciliable avec la promesse de la venue du Messie et les promesses faites à la cité de Jérusalem.

Certains habitants de Jérusalem, par ignorance et croyant connaître la foi, ont rejeté la prophétie de Jérémie. Ils l'ont rejetée au péril de leur vie. Ils ont été massacrés ou emmenés en captivité. Dieu expliquait, par les prophètes, qu'il utilisait Babylone pour punir le peuple de ses péchés.

Fatima prédit que La Russie réduira le monde en esclavage

Ici encore, vous avez une image de l'Église Catholique d'aujourd'hui. Il y a des Catholiques qui croient impossible que le monde entier tombe au pouvoir du Communisme satanique, parce que Notre-Seigneur a promis d'être avec son Église "tous les jours jusqu'à la consommation des siècles".

Notre-Dame n'a pas employé le mot "Communisme". Elle a parlé des erreurs de la Russie, annonçant que la Russie serait le fléau choisi pour châtier le monde entier.

En 1946, William Thomas Walsh, professeur d'histoire et écrivain américain, a obtenu une entrevue avec Soeur Lucie. Il lui demanda: "A quelle étape des prophéties sommes-nous maintenant?" Et elle de répondre : "Nous sommes à l'étape où la Russie répand ses erreurs partout dans le monde." Il lui demanda encore : "Cela signifie-t-il que la Russie vaincra tous les pays du monde?" Elle répondit: "Oui." Croyant que Soeur Lucie n'avait pas compris la question, le Professeur Walsh l'exprima en d'autres termes et il lui demanda cette fois: "Cela comprend-il les États-Unis d'Amérique?" Elle répondit: "Oui."

Il vaut donc mieux pour nous de comprendre que les prétendues "informations" (il serait plus juste de parler de "désinformations") que nous avons à la télévision ou dans les journaux ne sont pas toujours la vérité. Pour répondre aux gens dans l'Église qui disent que la Russie est en train de se convertir, je veux d'abord faire remarquer que Gorbachev, au réseau de télévision national, s'est lui-même déclaré athée. Et cela, après le prétendu "coup d'État", que j'appellerais plutôt un "coup monté".

Loin de se convertir, la Russie se pervertit

Interrogé sur ses croyances religieuses par un Prêtre Catholique des États-Unis, M. Gorbachev a répondu: "Je ne l'ai jamais caché, je suis athée." Et Boris Yeltsin a fait pour lui-même une déclaration semblable, mais en ajoutant qu'il était un peu superstitieux et que cela l'amenait à se rendre parfois à l'église.

La superstition, ce n'est pas la foi. La conversion de la Russie, ça n'existe pas encore. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de Chrétiens parmi les Russes. Je ne veux pas donner l'impressíon que, parmi tous les hommes et toutes les femmes de la Russie, on ne trouve pas un seul bon Catholique. Il y en a un certain nombre, assurément. Mais la nation russe n'est pas en train de se convertir.

De surcroît, les changements qui se sont produits depuis 1989, comme nous l'avons signalé dans notre no. 36 du Fatima Crusader, vont dans le sens de la perversion et non de la conversion. Dans l'article en question, John Cotter cite des passages du New York Times, du Toronto Sun, du Globe and Mail et d'autres journaux que le monde prend très au sérieux, et il en conclut que ce qui se passe actuellement en Russie constitue une perversion supplémentaire des moeurs du peuple russe. Et la conclusion vaut non seulement pour la Russie, mais aussi pour la Pologne, la Hongrie, etc.

Ces pays qui se sont prétendument débarrassés du Communisme ont, en réalité, augmenté leurs importations du magazine Playboy, d'articles porno et ainsi de suite. Alors, ne mésinterprétons pas les nouvelles, comme c'est très facile de le faire si nous nous contentons d'absorber la propagande. En réalité, les changements qui se produisent en Russie font que certains aspects de la société russe se rapprochent du modèle occidental. Autrement dit, ces aspects sont maintenant plus semblables aux perversions et aux moeurs corrompues que l'Occident exploite déjà dans le monde entier.

Il y a des éléments de l'article de John Cotter que j'ai dû supprimer, non pas pour rétablir la vérité, mais parce que mon magazine est lu à la fois par des enfants et des adultes. Les suppressions ainsi effectuées ont privé l'article d'une partie de sa force probante, mais la preuve originale est accablante. Les faits présentés démontrent que les changements survenus en Russie y ont engendré une perversion accrue du peuple.

La Russie accélère actuellement ses préparatifs de guerre

N'avez-vous pas remarqué qu'il y a certaines choses dont les médias ne parlent jamais, ou s'ils en parlent, c'est d'une façon si superficielle que vous ne saisissez pas vraiment la situation. C'est un critère décisif de vérité, du moins l'une de ces choses. Pendant que nous nous empressons d'envoyer au peuple russe du blé et d'autres aliments que nous n'avons guère les moyens de leur fournir (nos réserves de nourriture sont à leur niveau le plus bas des dernières décennies), le peuple russe, par ses dirigeants, continue d'accroître la part de ses ressources économiques qu'il consacre aux dépenses militaires.

Les Russes produisent un sous-marin nucléaire toutes les six semaines, et ce rythme s'est maintenu durant toute l'année et les deux années précédentes. Chaque sous-marin nucléaire, si je ne me trompe, coûte plusieurs milliards de dollars. Leurs dépenses militaires représentent, en termes réels, le double de celles des États-Unis. Elles atteignent près de 40 % du produit national brut. Pendant que nous désarmons, ils se réarment et modernisent leur puissance militaire.

Les Russes se préparent à la guerre. Déjà, ils sont de six à huit fois plus puissants que nous contrairement à ce que disent les médias et à ce qu'on nous répète; de six à huit fois plus puissants que les forces armées des États-Unis. Et ils continuent à doubler et à redoubler leur puissance militaire.

Les préparatifs russes sont menés avec intelligence. La majeure partie des dépenses militaires américaines sert au développement technique, et une tranche de 30 % est consacrée aux salaires (et je n'ai nullement l'intention de le reprocher aux soldats), tandis que les forces russes ne consacrent que 10 % environ aux salaires parce que leurs militaires sont beaucoup moins bien payés.

En outre, la plus grande partie de la technologie militaire acquise par les États-Unis grâce à la recherche et au développement ne se traduit jamais par un accroissement concret de leur force de frappe. Les Russes ne s'inquiètent pas de leur retard technologique. La technologie qu'ils ne mettent pas au point eux-mêmes, ils la volent à l'Occident quand ce n'est pas nous qui la leur donnons. Ensuite, ils multiplient les exemplaires, ils produisent en masse.

Je comprends que vous mettiez en doute mes affirmations, on vous a dit tellement de mensonges que vous trouvez difficile de croire celui qui vient vous dire le contraire. Pourtant, je puis vous indiquer les preuves que nous avons publiées dans le Fatima Crusader il y a quelques années, et je puis vous renvoyer à d'autres sources.

Même sans les sources en question, vous pouvez remarquer par vous-même, sans un trop grand effort, que toutes les nouvelles concernant le piteux état économique de la Russie et notre obligation morale de lui venir en aide ne contiennent presque pas de renseignements. Il s'agit de données publiques, elles ne sont pas cachées, mais elles ne sont pas présentées dans les journaux. Vous pouvez obtenir ces renseignements, et même très facilement. Mais elles ne sont pas communiquées au grand public, et cela fait partie de la tromperie.

Je trouve la science militaire tout à fait fascinante. J'ai commencé à lire sur le sujet il y a quelques années, parce qu'on me disait que la Russie est en train de se convertir, que tout va bien et ainsi de suite. Pourtant, connaissant les avertissements de Notre-Dame, je me disais que cela ne pouvait pas être vrai. Aussi me suis-je mis à approfondir les prétendus faits qui nous sont rapportés, et j'ai découvert qu'il s'agit de mensonges.

Par exemple, lorsqu'on nous dit que M. Gorbachev est un homme de paix, il faut savoir qu'il a promu au poste le plus élevé de l'Union soviétique un homme du nom de Nicholi Ogarcov. Ce Nicholi Ogarcov est l'auteur d'une petite brochure publiée en 1982 et intitulée, par euphémisme, "Défendre la patrie". Dans cette brochure, il dit expressément qu'il a un plan, le "Plan B", pour prendre le monde entier par surprise.

Je vais vous exposer ce plan très simplement. "Un beau jour, sans aucune provocation, il déclenche par surprise une attaque nucléaire totale, dans laquelle il estime que 135 millions d'Américains perdraient la vie au cours de la première demi-heure," donc avant toute possibilité de représailles.

C'est cet homme-là, personne d'autre, que Mikhail Gorbachev a nommé au poste le plus élevé de l'Union soviétique. Voilà pour les intentions pacifiques de Gorbachev à notre égard!

Que vous croyiez ou non les faits et les chiffres que je vous donne, l'important, c'est ce que nous dit Notre-Dame de Fatima. Elle nous dit que la Russie sera le fléau choisi par le Ciel pour punir le monde entier, à moins que nous n'obtenions la conversion de cette pauvre nation. Remarquez qu'Elle n'a pas dit la démocratisation ou l'occidentalisation de la Russie. Elle a parlé de la conversion, ce qui ne signifie qu'une chose : abandonner la doctrine satanique qu'est le Communisme, l'humanisme séculier, et l'athéisme d'État pour embrasser la Foi Catholique.

Le Pape Jean-Paul II est au courant

Le Pape Jean-Paul II, lorsqu'il est allé à Fatima, a mentionné le danger que le Marxisme soit remplacé par une autre forme d'athéisme. Il l'a dit à Fatima le 13 mai 1991. Il reconnaissait ainsi publiquement, quoique de façon indirecte, qu'il sait que la conversion de la Russie n'a pas encore eu lieu. Le Pape est obligé de parler en termes quelque peu énigmatiques pour faire comprendre le fond de sa pensée à ceux qui sont assez intelligents pour saisir. Apparemment, il ne se sent pas assez libre pour parler ouvertement.

La conversion de la Russie ne signifie pas autre chose que ceci: Non seulement les 200 millions d'habitants de la Russie se convertiront à la Foi Catholique, mais les institutions sociales russes réfléchiront glorieusement le règne du Christ le Roi. Il est facile de voir que l'État, les autres pouvoirs publics, les lois et les institutions de la Russie ne sont pas encore conformes aux lois du Christ.

Si la Russie n'est pas convertie, alors nous sommes encore menacés par les missiles russes pointés en notre direction. La situation n'a pas encore changé à ce jour: pour chaque silo de lancement des États-Unis, les Russes ont trois silos pointés en sa direction.

Notre-Dame nous donne le remède, mais nous devons comprendre que ce remède est unique. Il n'y a en a pas d'autre, et il n'existe aucune solution de rechange. Il nous faut obtenir la conversion de cette pauvre nation.

Il n'y a pas d'autre Choix

Comment obtiendrons-nous la conversion de la Russie? Assurément, nous faisons bien de réciter les prières pour la conversion de la Russie que le célébrant récite à la fin de la Messe, lorsque le célébrant comprend que ces prières sont encore nécessaires. Priez aussi pour la conversion de la Russie dans les chapelets que vous dites à l'église ou ailleurs. Vos prières sont certainement efficaces. Toutefois, en définitive, la conversion de la Russie ne peut être obtenue que par un moyen, et aucun autre, c'est-à-dire par l'instrument [par le moyen] que nous a donné Notre-Dame.

Il est arrivé à chacun d'entre vous, j'en suis sûr, d'écrire une lettre à quelqu'un. Vous pouvez avoir une brillante intelligence, connaître toutes les finesses du style, etc., mais aucun d'entre vous ne peut écrire sans un instrument, que ce soit une machine à écrire, un ordinateur, une plume ou un crayon. De par notre nature même, nous sommes limités, nous avons besoin d'un instrument pour écrire.

Sans instrument, nous ne pouvons pas écrire. Et sans l'instrument que Notre-Dame nous donne pour la conversion de la Russie, nous ne pouvons pas obtenir cette conversion. Cet instrument est unique, il n'y en a pas d'autre. Nous le savons parce que Notre-Dame nous l'a dit et qu'Elle a confirmé Ses paroles par des miracles et par des prophéties qui se sont vérifiées.

Et quel est cet instrument, sans lequel nous ne pouvons pas obtenir la conversion de la Russie? Cet instrument ressemble à celui que Dieu a donné à Moïse en lui ordonnant d'étendre les bras au-dessus de la mer Rouge. L'instrument, dans le cas de la Russie, consiste à consacrer la Russie de la manière indiquée.

Des gens, et même des prêtres malheureusement, ont donné à entendre que cela se rapproche d'un tour de passe-passe, d'une formule magique de quelque incantation. C'est un blasphème, ou presque, de parler ainsi d'une chose aussi sainte. La consécration demandée n'a rien d'une formule magique ni d'un tour de passe-passe.

Je vais vous donner le fondement théologique de mon affirmation. Saint Augustin explique que Dieu veut nous accorder certaines faveurs bien que nous ne les méritions pas. En raison de Son grand amour pour nous et de son immense miséricorde, Dieu veut nous donner ces faveurs-là. Mais sachant que, dans notre orgueil, nous serions tentés de croire que nous les avons méritées de quelque façon, Il réserve l'obtention de ces faveurs aux mérites et à l'intercession des Saints.

C'est ainsi que la grâce de la paix du monde, la grâce de la conversion de la Russie, a été réservée à la Sainte Vierge Marie, à Son intercession et à Ses mérites. Nous n'obtiendrons la conversion de la Russie que par le Coeur Immaculé de Marie.

La Vraie Paix ne peut venir que par Notre-Dame

Le message de Fatima nous apprend que la paix du monde et la conversion de la Russie ont été confiées au Coeur Immaculé de Marie. Cela signifie qu'elles ne sont confiées à personne d'autre. Nous pouvons dire, sans exagération, que Dieu Lui-même ne convertira pas la Russie, Il ne donnera pas la paix au monde, si ce n'est par l'intermédiaire du Coeur Immaculé de Marie.

Évidemment, ça ne veut pas dire que Dieu ne pourrait pas le faire, mais que Dieu Lui-même a fait connaître Sa volonté à ce sujet et qu'Il ne changera pas Sa décision. C'est pourquoi Notre-Dame, parlant d'Elle-même à la troisième personne, dit : "Seule Notre-Dame du Rosaire peut vous aider."

Notre-Dame est apparue à Fatima et Elle s'est identifiée trois mois après comme Notre-Dame du Rosaire. Pour revenir à mon argument, Dieu veut que la grâce de la paix nous soit donnée uniquement par l'intermédiaire de Notre-Dame. De surcroît, Il veut que Notre-Dame en ait tout l'honneur. Il ne veut pas que Notre-Dame obtienne cette grâce en cachette. Il ne veut pas que Notre Dame la fasse sans la coopération de quelques personnes qui vivent dans le monde parce qu' Il veut que le monde entier reconnaisse que cette grâce est obtenue par l'intermédiaire indispensable de Notre-Dame.

Mais pourquoi donc Dieu veut-Il faire ainsi les choses? Il le veut pour plusieurs raisons. Tout d'abord, comme nous l'apprend le message de Fatima le 13 Juillet 1917, après avoir montré aux enfants une vision de l'enfer, Notre-Dame leur dit: "Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à Mon Coeur Immaculé."

Pour mieux établir la dévotion au Coeur Immaculé, Dieu veut que l'honneur d'avoir obtenu la paix rejaillisse sur Notre-Dame. Il veut que le peuple reconnaisse les mérites de Notre-Dame et la puissance de Son intercession, afin que nous ayons pour Elle une dévotion plus forte que celle qui existe maintenant chez les meilleurs d'entre nous.

Dieu avait réservé à l'intercession manifeste du Coeur Immaculé de Marie ce point tournant de l'histoire que constitue la conversion de la Russie. C'est pourquoi Il a fait dépendre la conversion de la Russie d'un acte d'obéissance, la consécration que devront effectuer le Pape et les Évêques. Et ce doit être une consécration solennelle et publique.

Nature de la Consécration qui Doit Etre Effectuée

Quelqu'un m'a dit que le Pape a fait un jour la Consécration demandée dans le secret de sa chapelle. Eh bien! je suis très reconnaissant au Saint-Père des prières qu'il fait dans le secret de sa chapelle, mais ce n'est certainement pas ce que Notre-Dame de Fatima a demandé. La consécration doit être solennelle et publique. Tout acte que le Pape fait en privé, dans sa chapelle, est sans aucun doute très saint, très bon, mais ne répond pas aux demandes de Notre-Dame de Fatima. De plus, la Russie doit être consacrée nommément.

Des gens vont m'accuser encore une fois de couper les cheveux en quatre, d'insister trop sur des détails de forme ou de n'importe quel autre défaut du genre. Quoi qu'ils en disent, il y a une différence énorme entre une consécration générale et une consécration particulière.

Tout d'abord, qu'est-ce qu'une consécration?

Consacrer une chose, c'est la mettre à part, pour la destiner exclusivement au service de Dieu. La chose consacrée est distinguée de ce qui n'est pas consacré. Pour consacrer un pays en particulier, il faut donc le nommer dans la consécration. Mettre le monde entier à part pour le destiner au service de Dieu ne constitue pas une consécration particulière.

Exemples de consécrations particulières tirés de l'Écriture

Je ferai peut-être mieux comprendre la distincton en citant des exemples tirés de l'Écriture Sainte. Dieu fit savoir au prophète Samuel qu'il devait oindre comme roi l'un des fils de Jessé. Le prophète demanda donc à Jessé de faire venir ses fils. Jessé avait huit fils et il en fit venir sept devant Samuel, laissant le plus jeune à s'occuper des moutons.

Le prophète fit passer devant lui le premier fils et il dit: "Non, ce n'est pas lui." Puis le deuxième, et dit: "Non, ce n'est pas lui." De même pour le troisième, le quatrième, toujours non, jusqu'au septième y compris. Tous les sept ont été rejetés, car aucun d'eux n'était celui que Dieu avait choisi.

Alors, Samuel demanda à Jessé s'il n'avait pas d'autre fils. Jessé répondit: "Il reste encore le plus jeune, il est à garder le troupeau." Jessé l'envoya chercher, et c'était ce fils-là seulement qui devait recevoir l'onction royale, qui devait être mis à part en vue de servir Dieu d'une façon particulière. C'est ce fils-là que nous appelons maintenant le roi David.

Voici un autre exemple. Saint Paul priait avec plusieurs autres Chrétiens, et le Saint-Esprit parla par un des prophètes du Nouveau Testament. Il y avait plusieurs autres Chrétiens dans la salle. Le Saint-Esprit parla et dit : "Mettez-moi donc à part Barnabé et Saul en vue de l'oeuvre à laquelle je les ai appelés."

Remarquez que toutes les personnes qui priaient dans la salle étaient baptisées. Tous ces gens étaient donc déjà consacrés à Dieu par leurs baptêmes respectifs. Mais la consécration, la mise à part que l'Esprit demandait était bien différente. Ces Chrétiens ont donc prié et jeûné, puis ils ont imposé les mains sur Saul et sur Barnabé.

Dans ce cas-là, une consécration particulière était demandée. L'Esprit avait nommé Saul et Barnabé, mais pas les autres. Les autres ne reçurent pas l'imposition des mains pour être mis à part. Seuls Saul et Barnabé ont été consacrés, ont été mis à part.

Ainsi, quand Dieu demande la consécration d'une personne ou d'un pays en particulier, Il veut mettre cette personne ou ce pays-là vraiment à part.

Une consécration particulière diffère beaucoup d'une consécration générale, car cette dernière ne met pas un pays à part des autres.

Notre-Dame demande la Consécration de la Russie en particulier

Notre-Dame de Fatima a dit: "Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les Évêques du monde, la consécration de la Russie à Mon Coeur Immaculé." Dans cette déclaration Notre Dame fait la distinction entre le monde et la Russie. Elle demande aux Évêques Catholiques du monde de Lui consacrer en particulier la Russie. Elle sait s'exprimer, Elle sait ce qu'Elle veut et Elle poursuit en promettant de sauver la Russie par le moyen de cette consécration. C'est seulement par ce moyen que la Russie sera convertie. Tel est l'instrument choisi pour la conversion de la Russie. Sans cet instrument, la conversion n'aura pas lieu. C'est pourquoi nous devons insister sur le fait que cet instrument est le seul et qu'il est nécessaire. Le fait d'insister sur cette vérité comme je le fais, ce n'est pas être contre le Pape Pie XI, ni contre le Pape Pie XII, ni contre le Pape Jean XXIII, ni contre le Pape Paul VI, ni contre le Pape Jean-Paul II. Mais notre situation à tous serait pire si cette vérité n'était pas proclamée explicitement.

Journalisme Criminel

Imaginez un peu, si seulement quelqu'un avait proclamé publiquement cette vérité en 1951 ou en 1952! Si seulement la vérité avait été connue du public lorsque le Pape Pie XII a consacré la Russie! Malheureusement, on avait oublié de dire au Pape que tous les évêques du monde devaient faire la consécration avec lui.

L'Abbé Caillon a qualifié de journalistes "criminels" les personnes qui avaient mutilé le message de Notre-Dame. En effet, si la vérité avait été connue clairement de Mme Postnoff, qui a contribué à faire que le Pape consacre la Russie, si seulement cette dame avait su que la participation des Évêques était nécessaire, la consécration demandée aurait pu être faite en 1952.

L'Abbé Caillon, Professeur en France, a passé des années à promouvoir la consécration de la Russie. Il a déclaré : "Quelle main criminelle a enlevé ces mots et a mis les mots qui indiquaient que les Évêques devaient participer à la consécration? Le mot "criminel" n'est pas trop dur.

Quand j'ai entendu pour la première fois cette déclaration de l'Abbé Caillon, c'était à notre symposium de 1985, je me suis mis à y réfléchir. Je me demandais s'il avait vraiment raison d'employer le mot "criminel". Plus j'y pensais, plus je comprenais qu'il avait raison.

Les adversaires de Fatima ont besoin de recourir au mensonge

Si ce n'était pas important que vous sachiez la vérité, les adversaires de Fatima ne déploieraient pas de si grands efforts de désinformation pour essayer de vous tromper. C'est pourquoi, en 1989 et en 1990, six fausses lettres de Soeur Lucie ont été mises en circulation. Aujourd'hui, elles sont universellement reconnues comme fausses. Elles représentent peut-être l'effort le plus subtil de désinformation qui ait été déployé à l'intérieur de l'Église contre le message de Fatima.

Nous avons publié une petite brochure intitulée Chronology of a Coverup (Chronologie d'une dissimulation de la vérité) après que la propre soeur de sang de Soeur Lucie m'eut dit personnellement que Lucie ne sait pas dactylographier. Il y avait en circulation six lettres truquées, que l'on attribuait à Soeur Lucie, l'une d'elle adressée à Maria Belem, une autre à l'Abbé Paul Kramer, une autre à Walter Knoelker, et ainsi de suite. Toutes ces lettres affirmaient la même chose; elles étaient toutes créées par ordinateur et portaient toutes la signature apparente de Soeur Lucie. Les six lettres étaient truquées.

Dans le no. 35 du Fatima Crusader, qui porte une photo de Soeur Lucie en page couverture, nous montrions que la voyante était réduite au silence depuis 30 ans. Dans le même numéro, nous avons également publié la Chronology of a Coverup, un tableau des efforts que des dignitaires de l'Église et des laïcs ont déployés pendant plus de 30 ans afin d'étouffer le message intégral de Fatima.

La Mère Prieure donne raison au Fatima Crusader

Le 10 mai 1991, la Mère Prieure du Carmel de Coimbra (qui nous est plutôt hostile sans que ce soit de notre faute) a montré que nous avions raison. Elle a fait une déclaration publique au cours d'une interview accordée à un journal portugais de Lisbonne, O Journal.

Interrogée au sujet de Soeur Lucie et des lettres qu'écrit la voyante, la Prieure a dit: "Soeur Lucie écrit, répond ou non, à son choix. Mais si elle répond, elle répond de sa propre main".

Les mots employés en portugais par la Prieure, "de propria pugna", sont les mêmes que l'expression italienne "propria pugna", qui signifie littéralement "avec son propre poing". Ces mots signifient une écriture manuscrite, "écrire avec sa propre main."

Par conséquent, pendant plusieurs anneés, les adversaires ont essayé de réfuter le témoignage que Soeur Lucie rend depuis plus de 50 ans. Soeur Lucie a répété maintes et maintes fois, pendant toutes ces années, que la consécration doit être solennelle et publique, qu'elle doit porter exclusivement sur la Russie, que tous les Évêques doivent y participer et qu'elle doit se faire le même jour, à la même heure. C'est ce qu'elle a dit chaque fois qu'on le lui a demandé et qu'elle était autorisée à parler. Et voilà que, pendant les deux dernières années, des menteurs, des faussaires, des journalistes criminels ont essayé de faire croire que la consécration demandée avait été faite et que Soeur Lucie le reconnaissait.

La conclusion s'impose: si ce n'était pas important que les fidèles soient informés, s'il n'y avait rien que nous puissions y faire, alors pourquoi les adversaires prendraient-ils la peine de vous mentir? Pourquoi s'efforceraient-ils de désinformer le grand public? Il n'y aurait aucune raison à leurs efforts; la seule raison, c'est que vous avez besoin d'être au courant, et les adversaires de Fatima veulent vous empêcher de savoir ce qu'il en est.

Loyalisme, oui, mais d'abord envers Jésus et Marie

Ce serait bien plus plaisant et bien plus facile de dire : "Soyons amis avec tout le monde et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes!" Un jour viendra où nous pourrons vraiment adopter cette attitude-là, puisque Notre-Dame a promis: "À la fin Mon Coeur Immaculé triomphera".

Faisons d'abord preuve de loyalisme envers Notre-Dame. Ne nous attachons pas à suivre avec respect les décisions de certains dignitaires de l'Église et même du Vatican, qui répandent leur idée de ce qu'il faut faire au lieu de l'idée de Notre-Dame de Fatima.

Je ne veux pas mettre en doute la bonne volonté de qui que ce soit. Je ne suis pas ici pour me faire juge. Dieu sait ce qu'il y a à l'intérieur de chaque homme. Personne ici ne peut juger l'intérieur d'un être humain, mais n'oublions pas non plus cette parole de l'Écriture: "N'appelez pas mal ce qui est bien, et bien ce qui est mal".

La Décision cruciale que doit prendre l'Église

Voyez-vous, l'Église a une décision cruciale à prendre, du niveau le plus élevé de l'Église jusqu'à la base. C'est-à-dire, du Pape jusqu'au simple laïc.

Pour comprendre quels choix s'offrent maintenant à l'Église, il faut d'abord se faire une idée juste des forces en présence. Le Communisme, le Marxisme, l'Athéisme Militant ont juré de combattre Jésus-Christ et l'Église Catholique. C'est la guerre commencée il y a des siècles, au moment où dans le livre saint de la Genèse, Notre-Dame a été prédite par Dieu (Genèse, ch. 3, v. 15). Devant Adam et Eve, Dieu dit au serpent: "Je mettrai une inimitié entre toi (c'est-à-dire satan) et la Femme (c'est-à-dire la Sainte Vierge Marie), entre ta descendance (ceux qui suivent satan, non seulement les diables de l'enfer, mais aussi ses suivants et Sa semence". La descendance de Notre-Dame, évidemment, c'est prin- cipalement Jésus-Christ, mais aussi tous les enfants de Notre-Dame. "Tu tendras des embûches à Son talon, et Elle t'écrasera la tête". C'est cette victoire, d'écraser la tête du serpent, qui a été prédite à Fatima: "A la fin Mon Coeur Immaculé triomphera".

Ainsi, au cours de l'histoire, les forces de satan se sont organisées de plus en plus, afin de diriger leurs attaques contre l'Église et contre les enfants de Notre-Dame, les fidèles, et nous sommes aujourd'hui au point culminant de cette guerre. Soeur Lucie nous dit, par exemple, que le diable est en train de livrer à la Vierge une bataille décisive. Puis, elle ajoute que, après une bataille décisive, on sait qui a gagné la guerre, et qui l'a perdue. C'est à ce point-là de l'histoire que nous sommes, maintenant.

Une des troupes bien visibles de satan, un groupe de gens qui suivent le diable, c'est certainement le Communisme mondial, inspiré par une doctrine satanique. Karl Marx lui-même l'a reconnu en parlant de lui-même dans ses poèmes. A ce sujet, consultez mon livre intitulé World Enslavement or Peace... It's Up To The Pope (L'esclavage ou la paix pour le monde... ça dépend du Pape). Dans la préface, l'Abbé Paul Leonard montre que Marx n'était pas athée, mais adorateur de satan, qu'il avait vendu son âme au diable et qu'il promettait d'amener l'humanité à sa destruction.

C'est difficile pour nous de concevoir une telle méchanceté, mais les poèmes cités ont été écrits de la propre main de Marx et c'est bien ce qu'il y dit de lui-même. L'Abbé Leonard examine la poésie de Marx et montre que le Marxisme est en réalité satanique. Le marxisme a été fondé pour détruire la Chrétienté, c'est-à-dire les nations Chrétiennes, et pour détruire l'Église même.

Donc, l'Église est devant un ennemi mortel. Peu importe sous quelles couleurs ou sous quel nom cet ennemi se présente (il semble maintenant vouloir changer de nom), il ne change pas son but réel. Et devant un ennemi mortel si puissant, l'Église doit prendre une décision cruciale. Elle peut essayer de fuir, essayer de livrer bataille ou essayer de négocier.

Tant que le Communisme ou son successeur est déterminé à détruire la Chrétienté, seuls ces trois choix s'offrent à l'Église: fuir, livrer bataille ou négocier. Il n'y pas d'endroit où l'Église pourrait s'enfuir, parce que le Communisme et l'Église s'étendent tous deux au monde entier. Des membres de l'Église, évidemment, peuvent fuir la persécution d'une ville à l'autre. Mais pour l'Église, la fuite est impossible. Il lui reste donc seulement deux choix : négocier ou livrer bataille.

Notre-Dame de Fatima nous dit qu'il existe une seule façon de se sortir d'affaire. C'est de livrer bataille avec ses armes à Elle. "Moi seule puis vous aider". "C'est par ce moyen que peut être convertie la Russie". "La Russie est le fléau choisi par le Ciel pour châtier le monde, à moins que nous n'obtenions la conversion de cette pauvre nation".

Par ces paroles, Notre-Dame nous avertit qu'il n'y a qu'un moyen de s'en sortir, c'est d'utiliser les armes spirituelles et de faire face à l'ennemi pour le vaincre. Si nous n'employons pas les armes spirituelles, nous allons certainement être vaincus. Telle est la réalité toute nue, en un mot, le point crucial de toute l'affaire.

Les fonctionnaires du Vatican font le mauvais choix

Malheureusement, les fonctionnaires du Vatican ont choisi de négocier. L'accord conclu en 1962 entre le Vatican et Moscou est un fait historique reconnu. Si vous voulez approfondir la question, vous pouvez lire le livre de l'Abbé Ulysses Floridi, Moscow And The Vatican, dans lequel il passe en revue les relations diplomatiques entre les deux, le Vatican et Moscou, de 1917 à 1979.

Vous pouvez aussi lire les pages 85 à 88 du livre de Malachi Martin, The Jesuits (que nous avons reproduites, avec la permission de l'auteur, dans le Fatima Crusader, où est racontée la réunion du Pape avec le Cardinal Casaroli et quatre autres Cardinaux qui a eu lieu en 1981, environ un mois avant l'attentat contre le Pape. Au cours de cette entrevue, le Cardinal Casaroli avait menacé le Pape de représailles s'il supprimait l'ordre des Jésuites à cause de leur Marxisme.

Le Cardinal a alors rappelé au Pape, au Saint-Père actuel, qu'il avait pris des engagements dans lesquels il promettait de maintenir l'accord conclu entre le Vatican et Moscou.

Qu'est-ce que cet accord? Les Communistes avaient arraché au Pape Jean XXIII la promesse que lui et ses successeurs ne dénonceraient pas les erreurs du Communisme. Or l'Église, dans l'ordre naturel, c'est-à-dire en faisant abstraction des armes de la grâce, possède une seule arme, l'arme de la vérité. Mais la vérité, si elle n'est pas proclamée, n'est plus une arme. C'est comme une épée qui reste au fourreau.

Les dignitaires du Vatican, dans leurs négociations avec Moscou, ont promis de ne pas dénoncer les erreurs du Communisme. Une telle promesse est avant tout immorale, c'est une trahison, comme je l'ai dit publiquement, comme je l'ai écrit publiquement et comme je vais vous le prouver dans un instant. L'accord de 1962 garantit notre défaite et la victoire du Communisme sur l'Église.

Si vous vous rappelez l'époque, il était inconcevable, en 1960, pour tous ceux qui connaissaient un tant soit peu la doctrine Catholique, qu'une personne puisse être à la fois Catholique et Communiste. Pourquoi l'homme de la rue trouvait-il cela inconcevable? Parce que l'Église avait prononcé à plusieurs reprises que le Communisme ne pouvait, en aucune manière, être concilié avec la Foi Catholique.

Parce que le Vatican avait proclamé la vérité sur le sujet maintes et maintes fois, c'était évident, pour quiconque y pensait même une seconde, que personne ne pouvait être en même temps Catholique et Communiste. Maintenant, après 30 années de silence de la part du Vatican, un silence qu'on peut qualifier de criminel malgré tout le respect dû aux personnes en cause, il existe une prétendue "théologie de la libération", dont les partisans donnent à entendre, et même déclarent hautement, qu'on peut être à la fois bon Catholique et Marxiste.

C'est une théorie tout à fait ridicule, mais elle a quand même des partisans, au nombre desquels on trouve des gens sérieux, des gens qui par ailleurs ne sont pas dépourvus d'intelligence. Cela ne serait pas possible si l'accord entre le Vatican et Moscou n'avait pas réduit l'Église au silence durant les trente dernières années. Non seulement l'accord entre le Vatican et Moscou est contraire à votre Foi Catholique, il constitue un danger grave pour votre bien physique. S'il n'est pas résilié à temps, les Communistes vont nous enterrer.

L'accord Vatican-Moscou est une trahison

Pourquoi peut-on appeler cet accord une trahison? La première fois que j'ai lu le mot "trahison" appliqué à cet accord, c'est dans un écrit de Jean Ousset, qui n'a pas seulement eu le mérite d'exprimer ses idées sur l'accord, mais qui a effectivement prouvé son existence par des documents. Et il écrivait que cet accord était une trahison. Au début, j'ai pensé qu'il allait trop loin, tout comme j'avais pensé que l'Abbé Caillon exagérait un peu en qualifiant de "criminels" les journalistes qui étouffaient les paroles de Notre-Dame ou déformaient Son message.

Pourquoi Jean Ousset appelait-il trahison le fait de signer l'accord Vatican-Moscou? Je vous l'explique. Le mot "Évêque" vient du grec, me dit-on, et il signifie "guetteur". Si vous lisez, dans l'Ancien Testament, le livre d'Ézéchiel, vous verrez qu'Ézéchiel est comparé à un guetteur. Et Dieu lui décrit son rôle de guetteur en des termes qui reviennent à ceci: Si Je place quelqu'un comme guetteur, sur les murs de la cité, pour avertir Israël de l'approche de l'ennemi et que le guetteur, au milieu de la nuit pendant que personne ne le voit, traverse les champs, va chez l'ennemi et s'entend avec lui pour ne pas avertir Israël, ce guetteur trahit un devoir sacré. Moi, le Seigneur, Je lui demanderai compte du sang des citoyens qui auront été massacrés à cause de sa trahison.

S'entendre avec les ennemis de Dieu (les ennemis de l'Église) pour ne pas avertir lorsque l'ennemi approche, c'est de la trahison. On ne peut pas appeler ça autrement. Je ne veux pas dire que les responsables qui ont conclu l'accord ont agi de mauvaise foi ou pour mal faire, mais le fait demeure que, objectivement, ils ont trahi un devoir sacré. i.e. un devoir de prudence de vigilance car on ne doit pas dialoguer avec satan.

Un tel accord, pour commencer, n'a aucune validité morale devant Dieu. Ensuite, comme l'Abbé Miceli me l'a signalé il y a quelques années alors que nous faisions des émissions radiophoniques, l'expérience des 25 dernières années prouvait que l'accord Vatican-Moscou ne produit pas les résultats souhaités par l'Église.

Ce qui frappe au premier coup d'oeil, dans cet accord, c'est que les Russes n'ont jamais respecté leur partie du marché, qui consistait à diminuer la persécution de nos frères vivant derrière le rideau de fer. Ils ont seulement modifié leur façon de procéder. J'ai interviewé, dans une émission télévisée, un dénommé Josef Terelya, qui a passé 23 ans en prison pour la seule et unique raison qu'il est Catholique. Son emprisonnement a commencé dans les années 1960, au moment ou après le moment de la conclusion initiale de l'accord Vatican-Moscou. C'est un cas dont nous avons connaissance, mais il y en a des milliers d'autres.

L'accord Vatican-Moscou est le principal obstacle politique à la consécration exigée du Saint-Père, car cette consécration constituerait une dénonciation catégorique des erreurs du Communisme.

Pourquoi la falsification du Message de Fatima?

Vous vous demandez certainement pourquoi il y a des gens qui évoquent le Message de Fatima seulement dans son aspect pieux (que j'endosse et j'appuie certainement de tout coeur), comme je l'ai déjà mentionné, le Rosaire, le Scapulaire et la consécration personnelle au Coeur Immaculé de Marie sont très importants, mais qui ne veulent pas mentionner que le Message de Fatima concerne aussi les erreurs de la Russie et l'absolue nécessité de consacrer la Russie.

C'est parce qu'il y a, dans l'Église, des gens qui se font un devoir d'appuyer la politique de l'accord Vatican-Moscou, qui non seulement est peu judicieuse mais constitue une trahison, ou encore qui croient nécessaire de faire preuve de loyalisme envers les dignitaires de l'Église qui soutiennent cet accord perfide.

Il importe donc que chacun de nous reconnaisse les obligations qui lui incombent en raison de la situation actuelle de l'Église. Nous avons l'obligation de défendre la Foi et l'obligation de faire connaître le Message de Fatima. Nous avons le devoir de vivre le Message de Fatima nous-mêmes. Nous devons faire tout notre possible, par nos prières et nos sacrifices, et aussi par nos actions, pour hâter le triomphe du Coeur Immaculé de Marie.

Par conséquent, je vous encourage fortement à prendre le plus grand nombre possible d'exemplaires du Fatima Crusader, à les distribuer à vos voisins et amis, à parler du Message de Fatima, à vous renseigner, à réciter le Chapelet chaque jour et à offrir d'autres prières et des sacrifices pour le Saint-Père et pour les Évêques. Et comprenons que le fait d'agir ainsi constitue un acte de miséricorde et de loyalisme envers le Saint-Père, une aide efficace pour lui.

Pensons à la responsabilité qu'il a assumée en devenant Pape, une responsabilité écrasante dont lui seul peut s'acquitter, mais qui dépasse la mesure de ses propres forces. Pour cette responsabilité, il a besoin de grâces spéciales d'en haut. Je serais exactement dans le même cas si je devenais Pape demain, ce qui n'arrivera certainement jamais. Personne, qui qu'il soit, ne peut réaliser par ses propres forces la consécration de la Russie exigée dans le Message de Fatima.

Loin de moi l'idée de critiquer de quelque façon le Pape Jean-Paul II ou l'un de ses prédécesseurs! Mais il a besoin de nos prières. S'il ne fait pas la consécration exigée, les conséquences seront terribles. Elles sont terribles non seulement pour nous-mêmes et notre pays, mais aussi d'une façon particulière pour lui personnellement et pour les Évêques.

Certains autres groupes passent sous silence les prières enseignées à Lucie par Notre-Seigneur

C'est un fait curieux que les deux seules prières enseignées à Soeur Lucie par Notre-Seigneur Lui-même ne sont publiées dans presque aucun des livres ou des magazines qui traitent de Fatima.

Dans deux jours, je m'en irai, avec un groupe de pèlerins, à Fatima et à Rianjo, petite ville maritime d'Espagne située près de Saint-Jacques-de-Compostelle.

C'est à Rianjo que Notre-Seigneur a dicté les deux prières à Soeur Lucie. Pour tous ceux qui s'intéressent à la piété (et qui devraient par conséquent s'intéresser à l'aspect pieux du Message de Fatima), n'est-il pas curieux que ces deux prières dictées par Notre-Seigneur Lui-même ne soient publiées en anglais par aucun autre groupe? Ce fait curieux vient de ce que les deux prières sont associées à un message donné en même temps par Notre-Seigneur. Or, ce message est vraiment difficile à accepter, et pourtant salutaire.

Je vais vous raconter comment c'est arrivé. Soeur Lucie était malade, fatiguée, et elle avait besoin de s'éloigner des demandes continuelles de renseignements que lui adressaient les gens. Les apparitions de Fatima venaient juste d'être approuvées par l'Église.

Rianjo

Donc, en août 1931, Soeur Lucie est envoyée par ses supérieures, incognito, dans la petite ville maritime. Même les gens présents dans la maison où elle logeait ignoraient son identité : seul le propriétaire était au courant. C'est arrivé alors qu'elle était dans la chapelle de Rianjo, qui est consacrée à Notre-Dame, et qu'elle priait pour la conversion de l'Espagne, du Portugal, de la Russie, de l'Europe et du monde.

Notre-Seigneur lui dit: "Tu me consoles beaucoup en Me demandant la conversion de ces pauvres nations. Demande-la aussi à ma Mère." Et Il lui dicta les deux prières.

L'une est la suivante: "Doux Coeur de Marie, soyez le salut de la Russie, de l'Espagne et du Portugal, de l'Europe et du monde entier."

Et l'autre, que nous avons également publiée dans le Fatima Crusader: "Par votre pure et Immaculée Conception, ô Marie, obtenez-nous la conversion de la Russie, de l'Espagne, du Portugal, de l'Europe et du monde entier."

Jésus avertit ceux qui retardent et Entravent l'exécution De Sa Demande

Et puis, Notre Seigneur, après avoir commenté sur la prière de Soeur Lucie, et avoir loué Soeur Lucie de la prière, Il dit:

"Fais savoir à Mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France en retardant l'exécution de ma demande, comme lui, qu'ils le suivront dans le malheur."

Que signifie cette mention du roi de France? Le Sacré-Coeur avait commandé aux roi Louis XIV de Lui consacrer son pays, la France. Mais les rois de France, durant cent ans, ont refusé d'obéir. Le Sacré-Coeur avait donné ce commandement à sainte Marguerite-Marie Alacoque, qui l'avait transmis aux roi Louis XIV.

Le commandement avait été donné le 17 Juin 1689. Durant un siècle jour pour jour, les rois de France avaient refusé d'obéir. Le 17 juin 1789, exactement un siècle plus tard, le roi de France fut renversé par le tiers état. Quatre ans après, le roi a été livré publiquement au supplice de la guillotine. "Fais savoir à Mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du Roi de France en retardant l'exécution de Ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur."

Ce sont des paroles terrifiantes. Elles constituent à la fois une menace et une prédiction. Notre-Seigneur ne prédirait pas un châtiment si terrible pour le Pape et les Évêques, s'il s'agissait d'une question sans gravité ou si sa demande n'entraînait pas l'obligation de Lui [Jésus] obéir. Il ne faut pas croire les mensonges qui circulent un peu partout, même chez des gens qui se prétendent dévoués à la cause de Fatima, selon lesquels le Pape et les Évêques n'ont pas à obéir aux demandes faites dans le Message de Fatima.

C'est pourquoi j'ai consacré une section entière de mon livre à la question de l'obligation de Lui obéir et j'ai envoyé le livre à chaque Évêque du monde. Cela fait plusieurs mois, et nous n'avons pas reçu une seule réponse qui réfute un argument exposé dans le livre! Pourtant, toute une section, qui compte peut-être 50 pages, traitait expressément de l'obligation, pour le Pape et les Évêques, d'obéir à l'ordre du Ciel.

Jésus Et Marie sont notre seul espoir

Notre-Seigneur menace Ses ministres en prédisant leur châtiment. A la même occasion, Il adresse un conseil à chacun d'entre nous. S'étant plaint du retard à Soeur Lucie, Il ajoute: "Ils le feront, mais ce sera tard." Ensuite, pour ainsi dire, Il tourne Son attention vers nous, les fidèles et les prêtres, qui n'avons évidemment pas, comme le Pape et les Évêques, le pouvoir de consacrer un pays. Il tourne Son attention vers nous et nous dit : "Il n'est jamais trop tard pour recourir à Jésus et à Marie."

Il donne ainsi à entendre que chacun de nous doit recourir à Jésus et à Marie. Cela ressemble aux paroles que l'ange a adressées aux enfants: "Les Coeurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de votre supplication." Pensez donc, les Coeurs de Jésus et de Marie attendent, Ils attendent que nous leur parlions! Ils sont attentifs à la voix de notre supplication.

Par ces mots, "Il n'est jamais trop tard pour recourir à Jésus et à Marie", Jésus nous invite tous à prier davantage. Priez, priez, surtout maintenant que vous comprenez le danger extrême qui vous quette parce que la consécration de la Russie n'a pas encore été faite.

Nous sommes tous en danger de subir des souffrances épouvantables dans cette vie, et beaucoup d'âmes sont en danger d'aller en enfer pour toute l'éternité à moins que la consécration de la Russie n'ait lieu bientôt. De grâce, soyez attentifs et obéissez aujourd'hui à l'invitation de Jésus, de Le prier et de prier notre Mère du ciel, maintenant que vous comprenez à quel point il est tard.

J'espère que mon exposé vous aura éclairés sur la situation, les dangers, le fait qu'il est déjà tard et le remède à employer.

Surtout, ne vous découragez pas, ne perdez pas espoir. Souvenez-vous qu'il n'est jamais trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. Nous devons toujours garder cette vérité dans nos coeurs. N'oublions pas de la mettre en pratique en priant davantage Jésus et Marie.